Logistique Urbaine

INTERVIEW Gérard Têtu créateur de Kleuster Freegônes

INTERVIEW Gérard Têtu créateur de Kleuster Freegônes

Gérard Têtu (2ème partant de la gauche) au Mondial de l'Automobile avec l'équipe Renault Trucks

Gérard Têtu est entrepreneur dans l’âme à la fois épris de créativité et de goût du défi. Nous l’avons rencontré pour qu’il nous parle de son idée de développer un modèle original de vélo-cargo particulièrement adapté au déplacement urbain, autant pour la livraison de marchandises qu’au service de professions artisanales bien contente de trouver un moyen pratique pour travailler au cœur des villes.

Vous êtes créateur de Kleuster Freegône, quelle est la genèse de votre projet et ce qui vous a conduit dans cette voie ?

Je viens de la distribution spécialisée, d’abord l’électroménager, puis Décathlon et enfin Trigano, le constructeur de camping-cars et de caravanes. Cela m’a donné le goût de m’intéresser à la conception de véhicules, en particulier liée à la réglementation des poids total en charge variant de 3t5 à 4t2 et pour lesquelles ils faillaient adapter les éléments de sécurité. Puis au moment de la violente crise économique 2008-2009, je suis parti. C’est alors que j’ai entamé une période de réflexions de 23 mois. C’est là que je me suis intéressé à l’utilisation urbaine de véhicules pratiques pour différentes missions. Je me suis rapproché d’entreprises innovantes qui avaient commencé à travailler dans cet univers autour des vélos de transport mais qui n’existent plus aujourd’hui. De mon côté, j’ai persévéré.

Au départ, imaginiez-vous la façon dont cela allait se passer ? êtes-vous satisfait du chemin parcouru ?

J’avais mon idée, celle d’un mode de livraison original. Je suis allé rencontrer des artisans sachant former l’acier et des carrossiers ainsi qu’un bureau d’études. Cela m’a permis de réaliser un prototype que je suis allé présenter au salon Pollutec. Au départ, il s’agissait d’un prototype, mais immédiatement la société Pizzorno Environnement, qui a des contrats d’entretien dans de nombreuses villes, a été intéressé  et j’ai signé mon premier bon de commande … ce qui m’a fait franchir une étape et passer dans le concret. Le premier véhicule, équipé d’une benne à déchets, a été affecté à Saint-Tropez. Il était déjà équipé d’une propulsion électrique et d’un groupe hydraulique pour la manipulation de la benne. Aujourd’hui, Pizzorno en exploite 5 et une commande de 10 autres sera livrée en 2024 pour les villes de Toulon, Lyon, Lille, entre autres.

Freegône a-t-il trouvé sa clientèle et son marché ?  

A ce jour, nous avons livré 270 Freegônes et nous enregistrons de nouvelles commandes tous les mois. Les entreprises clientes reconnaissent son efficacité pour l’accès aux centres-villes mais aussi pour un coût d’usage réduit. D’autre part, nous avons élargi le nombre de modèles proposés à davantage de métiers, cellules sèche ou frigorifique, plateau ou benne à déchets, vente ambulante. Cela avec différentes longueurs et options. Le marché est important, nous attaquons l’export et notre partenaire Renault Trucks nous permet de déployer les points de vente avec son réseau. Nous sommes très satisfaits.

Pensez-vous que la réglementation actuelle des ZFE donne une véritable légitimité à vos vélos cargos ?

Oui, bien sur et cela ne peut qu’évoluer favorablement. Le gain de temps est évident. En plus des pistes cyclables, il est, par exemple, possible de traverser les parcs ou autres sites urbains lorsque les vélos y sont autorisés. Les ZFR sont des accélérateurs pour notre développement.

Attendez-vous davantage de l’évolution de la réglementation ?

Cela doit se passer à Bruxelles, les états membres doivent s’emparer du sujet avec une norme claire pour la propulsion électrique. Pour l’instant, il peut y avoir des vélos-cargos roulant à 25 km/h avec une charge de 250 kilos, c’est trop. Nos Freegônes peuvent rouler à 18 km/h. Les vélos-cargos doivent aussi être adaptés à toutes les populations. Les livreurs ne sont pas forcément des sportifs.

Kleuster, non loin de Renault Trucks, a sa place au cœur du salon Solutrans. Qu’en attendez-vous ?

Sur le salon Solutrans, nous serons à trois endroits, chez Renault Trucks, chez Lamberet avec une cellule frigorifique bi-température et sur notre stand proche de la piste dédiée aux démonstrations. Nous voulons montrer que les Kleuster Freegône sont adaptés à de nombreuses utilisations sur un même châssis. Nous attendons les visiteurs professionnels pour lesquels nous avons conçu nos vélos cargos. Nous sommes disponibles pour les faire évoluer et les adapter pour d’autres usages.

Justement, le partenariat industriel avec Renault Trucks est-il amené à se développer ? Qu’en attendez-vous ?

Nous attachons beaucoup d’importance à la qualité de nos relations avec Renault Trucks. Il y aura une montée en puissance de la production des Freegônes  et le développement des exportations. Nous pouvons aussi imaginer d’autres propositions comme la location courte durée. Pour le moment, Freegône cellule sèche 2m3 est proposé à la vente pour un loyer de 199 € par mois.

Kleuster X Renault Trucks (1)
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